L’airsoft passionne beaucoup de joueurs. Pourtant, le plastique et le matériel jetable polluent l’environnement. « Nous voulons faire durer les équipements au lieu d’en acheter de nouveaux », lance l’équipe Ægima.
Nicolas Machu–Gounot, Mathys Orand, Alexis Bagot, Anton Kergourlay et William Belson, en première année de BUT MMI à Laval, ont réuni leurs compétences et leur appétence pour relever ce défi. Leur solution ? « Une gamme de répliques éco-conçues, plus réparables, avec des pièces standardisées, répondent-ils, l'objectif est de réduire la pollution plastique et de casser la logique du "ça casse, je jette" .»
L’ÉQUIPE DE CHOC
À 18 ans, Nicolas cumule les casquettes : étudiant, membre du Studio (émissions en direct), engagé dans la vie active, violoniste et responsable chez les Éclaireuses Éclaireurs de France. Sa motivation dans l’équipe se voit dans l’ambition du projet : « On ne désire pas simplement vendre un produit [...]. On souhaite accompagner les clients.», explique celui qui, en parallèle de ses études, a monté une start-up de maintenance prédictive. Il ajoute : « Co-fonder ce projet m’a permis de gagner en compétences et en maturité dans le monde de l’entrepreneuriat, je suis capable de transposer ces savoir-faire acquis ». Avec son équipe, il conçoit un produit et développe un site web pédagogique conçu pour guider les joueurs en difficulté, avec des tutoriels, un blog et des conseils d’entretien.
« Ce site pourrait favoriser la réparation des répliques plutôt que le changement total », développe Mathys, 19 ans. Il est le photographe spécialisé dans la prise de portraits et le pratiquant aguerri d’airsoft du groupe. Joueur depuis plus d’un an, il a remarqué tout un tas de problèmes qui font de son activité une discipline peu écoresponsable. Son témoignage révèle aussi que le budget nécessaire pour se lancer est un énorme frein pour les joueurs novices. « Sur 5 mois, j’ai dépensé près de 700 euros afin de pratiquer ce sport dans les meilleures dispositions », explique-t-il. Cela l'a mené à un déclic personnel : « Savoir que ma passion n’est pas écoresponsable est un frein pour moi. »
Cette sensibilité écologique, Alexis, 18 ans, la partage. En MMI après un bac STI2D, l’étudiant s’ancre dans une responsabilité forte. « Pour moi, cela consiste à protéger l'endroit où l'on vit”, explique-t-il. Le jeune homme insiste également sur l’urgence générationnelle : « Nous sommes les adultes de demain. » Son idée : concevoir des pièces universelles afin de faciliter les réparations. “Côté compétences, l’objectif est de valoriser le rendu final grâce au graphisme et au montage, pour que le message passe sans fatiguer. »
UNE VISION DURABLE DE L’AIRSOFT
Le point de vue d’Alexis résonne avec la direction artistique qu’Anton, 18 ans, souhaite mobiliser. Ses années de cours d’arts plastiques, où il a exploré la matière par la peinture et la sculpture, ont forgé sa sensibilité au design et à la durabilité des objets. Aujourd'hui, il transpose ce regard esthétique sur deux objectifs concrets : réduire la pollution plastique et rendre la réparation plus accessible. Il résume le résultat recherché : « Passer d'un modèle de consommation jetable à un objet durable : si une pièce casse, on la remplace au lieu de jeter toute la réplique. » Pour convaincre, il mise sur la forme autant que sur le fond. Il compte mobiliser ses atouts pour la direction artistique, la communication digitale, le graphisme et la prise de vidéo « pour rendre l’écologie "moderne" dans un univers où elle n'est pas encore assez centrale. »
Une vision en accord avec celle de William, 20 ans. L’étudiant rappelle que le sujet reste sous-traité alors qu’il grandit. Il affirme : « Nous avons choisi ce projet, car c’est un thème sur lequel il n'y a pas suffisament d’actions. » Il le relie à une réalité d’usage : plus on pratique, plus on consomme de billes, plus l’impact monte. Selon lui, il est nécessaire de bénéficier d’une bonne communication auprès de leurs futurs clients afin de réaliser des affiches et des vidéos. Pour réaliser cela, il pourra utiliser ses compétences en vidéo, graphisme numérique et communications.
Pour défendre l’écologie à laquelle ils sont sensibles, les jeunes sont déterminés à réaliser leurs projets et à montrer leurs investissements afin de faire découvrir l’airsoft.
Découvrez le projet plus en détail ici.
L’équipe rédaction d’Aégima, 12 mars 2026,
Nicolas Machu–Gounot, Mathys Orand, Alexis Bagot, Anton
Kergourlay, et William Belson.